La maison Picassiette de Chartres

 

La maison Picassiette de ChartresPrès de la cathédrale de Chartres, les touristes croisent dans le quartier Saint-Chéron une maison pas comme les autres : vieille de 86 ans, la maison Picassiette est entièrement recouverte de mosaïques, aussi bien à l’extérieur qu’à l’intérieur, et fait la fierté de la ville et de ses habitants. Construite et décorée par Raymond Isidore, cette œuvre de l’art naïf est classée monument historique et protégé par l’UNESCO. Dans ce billet, je vous propose de partir à la découverte de cette maison farfelue, et de son inventeur surnommé affectueusement monsieur Picassiette.

 

Partir à la découverte de cette maison

Raymond Isidore est un habitant de Chartres né le 8 septembre 1900 ; il s’est installé dans une petite maison qu’il a construite lui-même dans le quartier de Saint-Chéron. C’est lorsqu’il ramassa des débris de verre et de vaisselle en porcelaine cassée, au cours d’une promenade dans sa ville, qu’il eu l’idée farfelue, mais pour le moins originale, de faire de son foyer une œuvre d’art. Il décide alors de recouvrir la totalité des murs de la maison de fresques réalisées avec des matériaux recyclés.

 

Tout au long de sa vie, Raymond Isidore s’est approvisionné dans les décharges publiques de Chartes et des alentours. L’artiste connaît alors un succès fulgurant dans sa ville. C’est alors que son œuvre d’art prend le nom de Picassiette. D’architecture naïve, aujourd’hui, sa maison est connue à travers le monde. L’homme ne s’est d’ailleurs pas contenté de recouvrir les murs extérieurs, puisqu’à l’intérieur de son foyer, on trouve des fresques représentant des panoramas du Mont Saint-Michel, de sa ville natale et des environs. Même les meubles sont peints à la manière d’une mosaïque, ainsi que les sols, décorés avec des débris de marbrerie ! Les allées et les murs du jardin du Picassiette sont également décorés, car son propriétaire n’a rien voulu laisser au hasard. La construction de la maison a duré plus de 35 ans, du moment de sa construction, à la mort de son propriétaire.

 

Une passion délirante et conviviale

Raymond Isidore a consacré toute sa vie à la construction et la décoration de sa maison. Lorsque celle-ci fut entièrement recouverte, de mosaïques du sol ou plafond, l’artiste est en manque d’inspiration, et sombre petit à petit dans la folie. Un soir d’orage, Raymond s’enfuit de chez lui, en proie au délire. Il meurt peu après, en 1964…

 

La ville de Chartes acquiert alors la maison en 1981, qui sera classée monument historique deux années plus tard. Mais aujourd’hui, la maison Picassiette se détériore, et les restaurateurs du patrimoine ont à cœur de la restaurer afin de préserver le patrimoine. Pour restaurer l’œuvre d’art, les artisans se servent en porcelaine et en verre uniquement dans la réserve de monsieur Isidore, car les pièces doivent être certifiées de l’époque. La municipalité réfléchit à une solution de protection, notamment pour faire face à l’hiver.

 

Pour avoir encore d’autres détails, je vous communique le lien vers le reportage de France 3 que je viens de trouver et qui est plutôt bien fait : http://www.francetvinfo.fr/decouverte/a-la-decouverte-de-l-etonnante-maison-picassiette_1079731.html

 

 

Si vous avez envie de découvrir l’œuvre de cet artiste fantasque, la maison Picassiette se trouve 22 rue du repos, à Chartres. Il est possible de la visiter pour 5,50 € en plein tarif, et pour 2,70 € en tarif réduit.