Les français en vacances aiment le tourisme culturel

Les français en vacances aiment le tourisme culturelLe temps passe vite en vacances, il y a beaucoup de choses faire. Lire, écouter de la musique. Piscine le matin et visites l’après-midi, où profiter de la fraîche le matin et se baigner dans la piscine en fin de journée pour se rafraîchir. Faire la fête. D'autres personnes aiment se claquemurer dans leur mobil home ou le jardin de leur location saisonnière, d'autres préfèrent aborder ce qu'elles trouvent sur place comme les musées, les grottes, les ruines ou les festivals. Il existe un fort tropisme pour le tourisme culturel, j'ai donc souhaité apporter un éclairage sur les habitudes des français en congés. Le style de vacances est révélateur d’une société.

Un fort engouement pour la culture

L’engouement pour la culture est très fort depuis quelques années, principalement depuis les années 90 où les musées ont pris une autre dimension. Aujourd’hui, même si les congés sont faits pour se reposer, et si l’été les français aiment la plage et profitent des amis, de bonnes vacances passent par une découverte culturelle. C’est encore plus fort depuis les années 2000.

Durant l’après-guerre, les vacances signifiaient tourisme de masse, et il fallait partir avant toute chose. C’est pourquoi l’été raisonnait en termes de plage. Si partir était le but, actuellement découvrir est la motivation principale. Donc de nos jours, il y a certes la plage, mais aussi autre chose. Il faut une autre chose, et elle est culturelle.

La culture est une question d'image de soi

Pourquoi cet engouement, alors que parfois c’est loin, il y a un coût également, et ça peut être parfois rébarbatif ? Il y a toujours d’heureux bénéfices à avoir des habitudes culturelles. Pour les familles, c’est encore plus fort, car les adultes peuvent montrer aux enfants et ils aiment cela. C'est un peu comme si les parents étaient plus importants en faisant découvrir la culture aux enfants.

D’autres personnes y attachent plus de sens que d’importance en tant que découverte : combien de personnes vous diront qu’elles campaient à côté de telle chose historique, sans préciser pour autant qu’elles l'ont visitée. C’est important pour l’image, comme celle des parents finalement, et je trouve ce tropisme plutôt curieux. Mais c’est un point positif puisqu’il y a partage des valeurs culturelles quand même.

La mer et la culture sont les ressources estivales

La culture est devenue une vraie référence. Plus que cela, c’est devenu une motivation, serait-elle occasionnelle. Une étude dont je n’ai plus la référence en tête dit qu’en moyenne, durant 1 an, une famille vit une séquence culturelle par semaine, ce qui semble beaucoup. Pour les vacances cela signifie que si vous partez 3 semaines, vous devriez revenir avec 3 découvertes culturelles à raconter. Ce n’est pas énorme, c’est à mon avis juste beaucoup.

Le projet des vacances reste la mer et le soleil, et c’est une très bonne chose. La consommation du territoire ne vient qu’après. Par exemple, la mer n’est pas construite pour l’afflux touristique de masse, pas plus qu’une église avec des chants grégoriens. Il existe d’ailleurs des régions qui font reculer cet afflux, comme la Pointe du Raz qui doit être préservée. D’autres lieux sont construits touristiquement, et c’est l’objet des offices du tourisme qui vont conseiller telle chose à voir à tout le monde afin de déplacer les vacanciers vers d’autres zones. C’est le cas des zones rurales par exemple. Mais c’est un autre débat, puisqu’il faut des moyens financiers…Ceci dit, l’Etat français a beaucoup restauré ces dernières années. Outre ce patrimoine, vous retrouvez la structuration de parcs et de côtes en bord de mer, mais c’est aussi la création et la promotion de festivals.

A-t-on épuisé toutes les ressources ? Non, elles se renouvellent chaque année, elles sont construites chaque année en fonction des touristes : les chinois qui n’attendent pas les mêmes choses que les français par exemple. La culture s’adapte à la demande, donc se renouvelle. Mais l'on reste autour de la mer et de la culture.

L'offre et la demande, ou l'inverse ?

L’offre a toujours suscité la demande. Mais quand on crée un parc, c’est parce qu’il y a une demande à cet endroit. Le tourisme culturel est donc le plus souvent soumis à des conditions d’accès (s'il y a création, il y a investissement, donc frais...), notamment pour les personnes qui sont limitées d’un point de vue pécuniaire. En effet, une famille de 4 personnes nécessite un budget plutôt conséquent… Les tarifs ont bien augmenté ces dernières années, il est vrai. Maintenant, la gratuité n’a jamais augmenté la fréquence culturelle de ceux qui ne sont pas intéressés, elle permet plutôt à ceux qui consomment déjà d’augmenter leur fréquence de découverte. Et puis, quand une offre culturelle est gratuite, le plus souvent ce sont les impôts qui renflouent, donc je ne suis pas certain de l’intérêt.

Le tourisme culturel peut se pratiquer en 2 heures, alors qu’il faut plus de temps pour la plage. La disponibilité n’est pas la même, et ça compte beaucoup dans une société où il faut avoir accès plus vite aux choses. L’entrée dans le monde numérique est pour quelque chose dans le rapport à l’apprentissage…