Les nouveaux guides touristiques collaboratifs dérangent les professionnels

Les nouveaux guides touristiques collaboratifs dérangent les professionnels

Il existe 2 types de guides touristiques : les professionnels et les non professionnels. Notamment dans les grandes villes, ou celles ayant un flux intéressant de visiteurs. Ce qui les différencie est l’obtention de la carte professionnelle pour les uns, et la dénomination de guides d’un jour pour les autres. Dans les 2 cas, le souhait d’apporter quelque chose et de plaire est présent, la vie des circuits varie par contre. Mais une petite guerre est née.

 

Qui sont les guides non professionnels ?

Les guides professionnels en font leur métier, tandis que les autres ont le tourisme comme passion, et font d’autres métiers dans la vie courante, ou suivent des études. Il existe un certain nombre de plateformes Internet permettant de mettre en relation ces touristes avec cette seconde catégorie de guides. Parfois, ce sont les locaux qui servent de guides ! C’est du tourisme collaboratif, soit en complément de revenus, soit en guise de test pour se lancer définitivement ensuite.

 

Les avantages du tourisme collaboratif

Ils ne sont pas dans le circuit conférencier traditionnel pourrais-je dire, mais essayent de proposer une découverte atypique, soit dans l’objet de la visite, soit dans l’angle de présentation et son discours. Le plus souvent, ils ont le statut d’auto entrepreneur. Leur prix est correct, aux environ de 15 € par personne et par balade (pas à l’heure). Le plus souvent, la durée d’un circuit est de 2 heures, mais c’est une moyenne, ce qui n’est vraiment pas cher.  En plus, il est possible de louer leurs services à moins d’une heure du départ, ce qui ne semble pas être le cas des visites plus traditionnelles.

 

Une concurrence déloyale ?

C’est le problème soulevé par les guides conférenciers, les professionnels. Les auto entrepreneurs du tourisme aimeraient vivre de cela, mais les pros voient cette concurrence comme déloyale. Pourtant les groupes ne sont pas dérangés par cette différence, d’autant qu’ils viennent généralement chercher autre chose que ce que font tous les autres touristes, comme les musées et grands monuments. S’ils sortent du circuit, c’est que les guides conférenciers traditionnels n’offrent pas ce qui intéresse les touristes en termes de culture.

 

Une vraie bataille juridique

Les diplômés de l’école du Louvre voient par contre cette concurrence comme maudite, mettant en avant qu’ils font des études pour ce travail, qu’ils s’investissent dans des années d’apprentissage de langues étrangères et qu’ils seraient parfois à peine payés au SMIG. Ils craignent donc que cette concurrence leur retire trop de parts de marchés et qu’ils restent sans travail. Il y a une vraie bataille, et ils ont obtenu en juillet 2016 l’interdiction aux non professionnels des visites guidées de musées ou de monuments historiques.

 

 

Voilà que ce qu’Internet était aux taxis, il le devient pour les guides de touristes… Ne faudrait-il pas se remettre en question à un moment donné et oser aussi se lancer dans le libéral au lieu d’être salarié et mal payé, plutôt que de crier au scandale. N’y aurait-il pas une possibilité de poser un statut juridique aux 2 types de statut, légalement, mais sans passer par des procédures judiciaires ? Ce n’est pas parce qu’il existait un monopole, qu’il faut crier à la concurrence déloyale ; le monopole était-il bon pour la concurrence d’ailleurs ? En ce sens, les touristes ont maintenant le choix entre des approches différentes, chacune pouvant être professionnelle ou nulle. D’autant que les guides non professionnels payent également des charges et sont déclarés…